« La garde tombe, mais l’esprit reste debout. »
Il y a un moment précis dans un combat où la volonté et le corps se séparent. On garde la posture, mais elle n’est plus qu’une illusion. La garde tombe toute seule.
Je suis fatigué, mais je continue à avancer. Les coups arrivent, certains passent, d’autres sont bloqués. Le corps se souvient des mouvements, mais il ne répond plus avec l’énergie d’avant. Tout devient mécanique. Le souffle court, le regard fixe, je m’accroche à chaque fraction de seconde. Un low kick me fait vaciller. Je sens mes jambes céder sous le poids des rounds précédents. La tête hurle : Arrête. Laisse tomber. Mais la poitrine se redresse, la main se lève, la garde revient, fragile et tremblante, juste assez pour parer le suivant.
C’est à ce moment que je comprends : le Kyôkushin karaté n’est pas dans la force, ni dans la rapidité. Il est dans la décision de rester. De continuer. Quand tout ton corps dit non, tu choisis de tenir. Et c’est tout ce qui compte. Chaque coup reçu devient une leçon. Chaque seconde où je tiens debout est une victoire silencieuse. La garde n’est plus parfaite. Elle est humaine. Elle tombe, elle tremble, mais elle reste. Parce que je reste.
Quand le round se termine, mes bras pendent. La sueur brûle mes yeux. Mes jambes tremblent. Mais je suis encore là. Et je sais que, dans le Kyôkushin karaté, tenir debout même quand tout s’effondre, c’est déjà gagner.
Osu.
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