Dans une ville d’Ukraine marquée par le bruit lointain des sirènes et les murs abîmés par le temps, vivait un jeune garçon nommé Mykola. Il n’avait pas perdu son sourire, mais son cœur était souvent lourd. Comme beaucoup d’enfants autour de lui, il avait grandi trop vite, entouré d’incertitudes et de journées parfois sombres.
Un jour, en explorant un vieux gymnase abandonné près de son école, il trouva un dôjô improvisé. Un drapeau bleu et jaune pendait au mur, légèrement déchiré, mais toujours fier. Sur le sol poussiéreux, il vit des traces de pas et un vieux sac de frappe suspendu au plafond.
Curieux, Mykola entra. Il remarqua un kimono oublié sur un banc. Sans trop réfléchir, il l’enfila. Il était un peu grand pour lui, mais il se sentait différent en le portant — plus droit, plus fort, plus présent.
C’est là qu’il découvrit le karaté kyôkushin encore plus profondément qu'auparavant, car il l'avait déjà pratiqué.
Au début, ses mouvements étaient maladroits. Ses poings tremblaient, ses jambes hésitaient. Mais chaque fois qu’il frappait l’air ou le sac, il sentait quelque chose grandir en lui : une flamme calme et puissante.
Jour après jour, il revenait dans ce gymnase baigné de lumière dorée.
Il respirait profondément.
Il frappait.
Il se relevait.
Il recommençait.
Peu à peu, Mykola changea. Les katas, les techniques, les enchaînements revenaient naturellement.
À l’extérieur, le monde restait difficile. Mais à l’intérieur de lui, quelque chose devenait solide comme la pierre et souple comme le vent.
La nuit, quand il s’endormait, il faisait de très jolis rêves :
Il se voyait courir dans des champs de blé sous un ciel bleu immense.
Il se voyait défendre ses amis avec courage.
Il se voyait grandir, devenir fort, non pas seulement dans son corps, mais dans son cœur.
Dans ses rêves, il n’était plus un enfant inquiet — il était un jeune guerrier lumineux, avançant avec confiance, porté par l’esprit du kyôkushin :
“Tomber sept fois, se relever huit.”
Un matin, après une séance particulièrement intense, Mykola s’arrêta devant le drapeau ukrainien accroché au mur. Il leva le poing, comme sur l’image, et murmura :
— “Je serai fort… pour moi, et pour mon pays.”
Et ce jour-là, pour la première fois depuis longtemps, il rentra chez lui avec le sourire — certain que, peu importe les épreuves, il trouverait toujours la force de se relever.
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