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Tenir Debout

Tenir Debout

Le kyôkushin vu de l'intérieur : le corps, la peur, l'ego, le silence, la transformation, l'amélioration, la découverte de soi, par un passionné de karaté kyôkushin


Seul dans la steppe

Publié le 28 Décembre 2025, 06:22am

Catégories : #Esprit kyôkushin

« Tenir debout n’a pas besoin de public. Il suffit de se relever, seul, face au vent et au froid. »

Seul dans la steppe

Il voyage seul. La Russie rurale s’étend à perte de vue, blanche et silencieuse. La forêt, la neige, les rivières gelées : son dojo n’a pas de murs, pas de tatami. Seulement la terre, le vent et l’ombre des arbres.

 

Chaque matin, il se lève avant le soleil. Les pieds nus dans la neige, il répète les katas. Les coups résonnent dans le vide, se perdent dans le souffle glacé de l’air. Les poings frappent l’air et le bois mort. Le corps apprend à tenir dans le froid, dans la solitude, dans le silence.

 

Mais le Kyôkushin n’est jamais que physique. Entre chaque exercice, il murmure une prière orthodoxe. La foi et le combat se mêlent. L’un guide l’autre. Le souffle devient prière, la technique devient offrande, et chaque mouvement un acte de méditation.

 

Les animaux observent, silencieux. Le vent emporte les sons. Le dôjô est partout et nulle part. Ici, il n’y a pas de spectateurs, pas de compétition. Il y a seulement la discipline, la patience et la présence totale. Chaque coup, chaque déplacement, chaque souffle est une réponse à la question : Suis-je capable de rester debout quand tout est contre moi ?

 

Les jours passent. Les plaies du corps et de l’esprit apparaissent et disparaissent. Il tombe parfois, mais il se relève. Toujours. Ici, il n’y a pas de ceinture, pas de grade, pas de jugement. Il n’y a que l’épreuve intérieure. Le froid, le vent, la neige deviennent des partenaires. Chaque chute est un enseignement. Chaque levée de poing, un rappel de sa propre force silencieuse.

 

Et dans la solitude de cette Russie profonde, il découvre une vérité simple : tenir debout, même seul, est plus que de la technique. C'est un état de l'âme.

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Il finit la journée, les muscles endoloris, le souffle court, mais le cœur calme. La foi, le Kyôkushin et la solitude se rejoignent. Dans ce mélange étrange et pur, il est entier. Il est présent. Il est vivant. "Seigneur Jésus Christ, fils de Dieu, prends pitié de moi". 

 

Osu.

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